>>> Steven Wilson >>> Paris, Trianon - 8 mars 2013 >>>


Photos (Par Christophe Demagny) - Sujets du forum: 1 - 2 - 3


"The Raven That Refused To Sing" s'installant chaque jour un peu plus dans mon panthéon personnel, c'est aujourd'hui ce concert qui s'impose dans mon "top 5 ever".

Que dire ? Que dire de la magie, de la perfection, de la symbiose, du sentiment de complétude qui s'est dégagé de cette soirée. Six hommes comme un seul, une musique où chaque détail semble préexisté à l'humanité toute entière. Chaque attitude, chaque projection. Les silences et explosions. Les montées et recueillements.

Le Bass Communion introductif et ses digressions visuelles lunaires. Un magnifique Program Tour comme on n'en fait plus. Une entrée en matière sur "Luminol" simple et directe. Une claque. Un long, planant et sinueux "Radioactive Toy" final à tomber. Bien vu. Tout en souplesse. Avec sa longue plage onirique, son renversant solo du monstre Guthrie Govan, ses projections de bombes nucléaires. Cet exceptionnel "Insurgentes" pas entendu sur la tournée précédente à Londres. Ce public qui hurle et qui se tait. Le titre éponyme, à pleurer, à hurler. L'émotion. L'incommensurable final de "The Watchmaker" (chef d'oeuvre parmi les chefs d'oeuvre), à se damner, les semelles fondant au sol tel ce bouleversant visage enfantin projeté sur fond d'apocalypse. Irréel, incroyable. Un des plus grands moments live. L'émotion ultime du solo de "Drive Home" (Argh ! Ce contre-chant de Theo Travis. Qu'existe-t-il de plus beau ?). Ce "Holy Drinker" démoniaque (Steven à la basse), autre pic de cette longue chaîne de hauts sommets. La setlist, forcément, parfaite. Steven Wilson a tout compris. Le déjà légendaire dernier album. Pas un pet de gras. Et les meilleurs titres du reste, savant équilibre. "Deform To Form A Star" et son introduction de piano. Sublimes "Postcard" et "No Part Of Me". Terribles "Index" et "Harmony Korine". Ce rideau parfaitement utilisé, pile comme il faut. La juste dose d'humour aussi (avant "Raider II" et les french serial killers). Ces dizaines de rencontres et retrouvailles. Avant, pendant, après.

Non, vraiment, que dire ? Ce concert fut au-dessus de tout. Absolument indescriptible. Tout simplement.

(Christophe)



Par Myriam "Susan" Gambini

Avec encore cette impression d'émerger d'un songe, avec la certitude impuissante que presque tout s'efface, je veux me souvenir de ce beau moment. Déjà perdues les sensations physiques, les vibrations et la force des émotions, on cherche à se les rappeler et à imprimer des images fortes.

J'aimerai me replonger au coeur de cette salle, vibrant tel autant de coeurs battants, retenant son souffle ou hurlant sa passion, vivant, tous sens en éveil, une expérience fantastique, celle d'admirer, d'entendre, de vivre « The Raven That Refused To Sing » et autres cadeaux du « maître » Wilson.

Des heures d'attente et un petit sprint vers la scène (pour le plaisir) et nous sommes là , soulagés.
Non, je n'en perdrai pas une miette, je serai témoin du phénomène, du miracle auditif.

Je me rends compte que je suis encore dithyrambique, mais comment faire autrement face à un tel concert, un régal en tous points, le son, la mise en scène, la performance des musiciens, la beauté, la puissance et la qualité des compositions.

Voici les moments les plus intenses , ceux dont j'aimerais ne pas voir le souvenir s'étioler.

Entrée en scène sur le clinquant « Luminol ». Les photographes s'agitent devant nous, tandis que claque la basse de Nick Beggs, monstre de charisme, qui fait son show, à coup de sourires , de clins d'oeil et de jeux de chevelure. Il n'y a pas à dire, Steven sait s'entourer.
J'ai du mal à croire que je suis si proche d'eux. Ils sont là, bien réels... Je n'imagine pas à quel point ces 2h vont passer à la vitesse de la lumière.

                               

Sur « Drive Home », j'attends avec impatience la performance de Guthrie Govan et je ne suis pas déçue. Il nous propose un solo différent de celui de l'album, tout en improvisation et il se lâche !
Le solo est proprement époustouflant. En Guthrie, Steven a trouvé une perle !

Sur «The Holy Drinker », l'atmosphère à la fois infernale et sublime est parfaitement rendue, de même que la complexité de la composition. Des morceaux de bravoure qui passent sans un « couac », c'est aussi ça la « patte » Wilson and band . Le morceau est interprété à la perfection... la dévastatrice partie de clavier dans la 6ème minute, la descente en enfer, l'avancée dans la pénombre, la rencontre avec le mal, tout y est magnifié.

La pièce maîtresse de ce concert a été la succession de « The Watchmaker » et d'  « Index » et leur spectaculaire mise en scène. Le rideau translucide tombe, l'atmosphère est très inquiétante et enveloppante. Nous sommes cernés d'effets sonores en quadriphonie, tics tacs et autres bruits d'horloges. Un visage de vieillard , entre autre, projeté sur l'écran de tissu, donne la chair de poule.



Derrière le rideau , les musiciens sont concentrés, prêts à en découdre. Le public est conquis. Personne ne bronche. Le morceau prend une dimension supérieure accompagné de cette scénographie. C'est un régal. Quant au final qui marque tant sur l'album de par son côté improbable, il est inoubliable. Steven, les bras en croix, scandant les mots que prononce de façon menaçante la défunte à son assassin de mari:
« Cogs and levers mesh / We are bound in death / Melt that silver down / I'm still inside you »

Il se dégage une telle puissance sur la scène à ce moment que c'est à peine croyable.
Le rideau trouve là toute sa place, extrêmement bien intégré au show. On enchaîne sur « Index » et là encore c'est un moment d'apothéose (mention spéciale à la performance de Marco Minneman à la fois sur « The Watchmaker » et « Index »).

Je ne pensais pas l'entendre sur cette tournée, mais si, Steven a décidé de jouer ici encore le morceau-fleuve de son précédent album « Grace For Drowning » , « Raider II ».
Cette fois, pas d'idiot pour beugler « Come on !! » durant l'introduction. Le public est respectueux des silences du début. Veritable déluge de guitare, nous sommes scotchés dans la dernière partie du morceau et cette fois je ne suis pas génée par l'intensité sonore, je peux donc apprécier cette tornade à sa juste valeur.

« The Raven That Refused To Sing » semble avoir une tonalité bien spéciale pour Steven, ainsi que pour le public. Pour moi, c'est LE moment de grâce. Après le tonnerre d'applaudissements qui a suivi « Raider II », l'atmosphère se fait mystique. Steven s'assoit. On lit dans ses yeux une lueur spéciale. On discerne sur son visage une gravité et une émotion palpable. Derrière lui est projeté le très beau clip de Jess Cope.
 
                          

Après chacune de ses phrases chantées, Steven marmonne, comme « habité » par une force inénarrable. Morceau magique du début à la fin, où l'intensité émotionnelle grimpe jusqu'à l'apothéose. Quel bonheur d'avoir vu cela depuis les premières loges !

Ce morceau est exceptionnel, je n'en démords pas, c'est ce que Steven a fait de plus beau.

 

De retour à la maison, il me reste cette image d'un artiste habité par son art et d'un public démontrant à la fois son immense enthousiasme et son profond respect.
Il y avait de la magie dans l'air ce soir-là, des cris, des appels, des silences fascinés,reflets d'une bouleversante passion.

                        



Marco Minnemann: Drums
Nick Beggs: Bass
Guthrie Govan: Guitar
Adam Holzman: Keyboards
Theo Travis: Flute, Sax...



Luminol
Drive Home
The Pin Drop
Postcard
The Holy Drinker
Deform to Form a Star
The Watchmaker
Index
Insurgentes
Harmony Korine
No Part of Me
Raider II
The Raven That Refused to Sing

Radioactive Toy